Depuis deux ans, on observe une évolution nette de l’administration du rectorat de Normandie vers plus de bienveillance concernant les recours sur les avis de rendez-vous de carrière. Elle semble devenue consciente que certains avis sont vécus comme frustrants pour les collègues et peuvent démobiliser, en pleine crise de la profession, où les demandes de démission ou de rupture conventionnelle se multiplient, où le recrutement est compliqué dans certaines disciplines, sans oublier évidemment le nombre élevé de suicides de professeurs constaté dans l’académie l’an dernier.
Mais il y avait encore un blocage psychologique : l’administration avait beaucoup de mal à remettre en cause ses propres décisions et justifiait parfois des maintiens d’avis vécus comme injustes avec une mauvaise foi et un manque d’empathie qui laissaient pantois – nous nous souvenons notamment d’un argument imparable : « mais très satisfaisant, c’est déjà très bien ! » et, hop, fin de la discussion, on passe à autre chose. Globalement, quand l’administration ne voulait pas lâcher, l’attitude envers les représentants du personnel était : on vous entend, mais on ne vous écoute pas et on passe en force…


Cette année, avec le changement de rectrice et le renouvellement de certains cadres, nous découvrons avec satisfaction une philosophie RH plus positive, réellement dans le dialogue, à l’écoute des difficultés rencontrées par certains collègues, avec une envie de valoriser leur parcours. En particulier, l’administration a systématiquement accepté d’augmenter l’avis final de collègues quand les commentaires du rendez-vous de carrière ne semblaient pas en adéquation avec les évaluations. En effet, dans de nombreux cas examinés, l’avis final est en décalage parfois important entre des commentaires très positifs, voire élogieux, et des appréciations par items « seulement » en satisfaisant ou très satisfaisant. Des cas d’avis final très satisfaisant, où les items en excellents étaient effectivement minoritaires, ont même été revus en avis final excellent : cela aurait été tout simplement impossible il y a encore un an !
Les élus ont pu constater néanmoins une tendance persistante dans les dossiers analysés : l’avis final penche plutôt du côté de l’inspecteur aux dépens des commentaires et évaluations du proviseur souvent plus positifs, alors que ce dernier suit au plus près le travail quotidien du collègue. Cette situation n’est pas en accord avec la philosophie du rendez-vous de carrière qui doit examiner la progression de carrière de l’agent (comme son nom l’indique) et ne pas se focaliser sur la visite ponctuelle d’un inspecteur… Il y a aussi pour des cas particuliers un décalage important entre l’avis du chef d’établissement et celui de l’inspecteur, qui peut traduire un conflit personnel de l’un d’entre eux avec l’agent. Tout cela a été examiné et pris en compte.


Ainsi, plus de la moitié des recours ont été considérés comme justifiés :
– pour les professeurs d’EPS, 3 avis ont été revus en excellent sur 6 demandes
– pour les PLP, deux avis ont été revus en excellent et un en satisfaisant
– pour les CPE, un avis a été revu en excellent
– pour les certifiés sur 20 cas, 1 revu à très satisfaisant et 3 à excellent pour l’avancement accéléré au 7e échelon ; 1 à très satisfaisant, 4 à excellent pour l’avancement au 9e échelon ; 3 à excellent pour le hors classe


Par conséquent, il ne faut surtout pas hésiter à porter votre cas devant la CAPA si l’avis final vous semble incohérent ou injustifié. Rappelons qu’avant de saisir la CAPA, au moment de la réception de l’évaluation par l’inspecteur et chef d’établissement, vous devez absolument commenter cette évaluation si vous n’êtes pas d’accord. Ensuite, après avoir reçu en septembre votre avis final, vous pouvez déposer un recours administratif. Si ce recours « à l’amiable » n’aboutit pas à une révision de votre avis, vous pouvez ensuite déposer un recours devant la CAPA, puis éventuellement devant le tribunal administratif.