Non, la situation n’est pas simple
Il est désespérant d’entendre encore des gens, parmi nos femmes et hommes politiques en particulier, refuser la complexité du monde. « C’est la faute de LFI », « le seul objectif est de casser et bordeliser », « les jeunes n’ont plus le goût de l’effort »… tournent en boucle depuis quelques jours. Nous aimerions tellement qu’un peu de hauteur soit prise pour analyser ce qui se passe. Un peu de temps aussi serait certainement nécessaire, plutôt qu’une réaction à chaud (peut-être qu’il faudrait attendre encore quelques jours avant d’écrire cet article d’ailleurs). Un peu de hauteur et de temps, donc, parce que…

Oui, les revendications des lycéen·nes sont légitimes
Par où commencer ? Les lycéen·nes de Saint-Denis, de Villeurbanne, de Sevran… qui publient des vidéos de l’état de délabrement avancé des bâtiments de leur lycée ? Le refus d’être 38 par classe ? D’avoir une prof de français non remplacée pendant 4 mois en classe de première, année du bac ? Les revendications des élèves rejoignent largement celles que nous portons, syndicat de personnels, pour prendre enfin soin d’un système éducatif délaissé depuis bien trop longtemps. Elles ne peuvent pas être balayées d’un simple revers de main pour renvoyer tout le monde en classe au plus vite.
Non, aucune forme de violence ne peut être tolérée
Évidemment, la CFDT ne peut accepter sur ce mouvement ce qu’elle refuse toujours par ailleurs : aucune forme de violence ne peut être tolérée. Nos revendications rejoignent ici aussi celles de bien des lycéens d’ailleurs. Moins médiatisées, les vidéos d’élèves demandant aux casseurs de quitter leur manifestation existent aussi !
Les images de répression, comme celle devant le lycée d’Alençon, sont choquantes, et le gouvernement doit faire en sorte que la police garantisse la sécurité sans violence envers les élèves. Les images de saccages de lycées et de menaces ou violences sur les personnels sont choquantes elles aussi, que ces violences soient le fait de groupes organisés extérieurs aux établissements, mais aussi parfois de lycéens eux-mêmes. La CFDT exprime tout son soutien aux personnels victimes ces derniers jours. Ce recours à la violence nous questionne fortement, dans une société toujours plus à cran.
Oui, les lycéen·nes doivent être écoutés
Ce mouvement ne saurait s’apaiser sans que les lycéen·nes soient écoutés. N’ont-il rien à dire sur la question de l’utilisation du portable à l’école, le pourquoi et le comment la réguler ? N’ont-ils pas le droit d’exprimer leur fatigue liée à des journées de 12 heures parfois, transport compris, amplitude qu’on ne retrouve dans à peu près aucun autre pays ? Le monde des adultes n’a-t-il que les caricaturaux « les jeunes ne veulent plus rien faire d’autre qu’être sur leurs téléphones », « ils n’ont plus le goût de l’effort » pour leur répondre ?
Il est plus que temps de définir une politique spécifique pour la jeunesse qui soit plus ambitieuse que le simple retour du service militaire. Cette politique ne peut être construite sans consulter les premiers concernés. Elle devra garantir l’équité sur tout le territoire, pour ne pas délaisser – comme trop souvent – les élèves les moins favorisés.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Normandie invite les personnels à soutenir les lycéen·nes dans leurs revendications légitimes, et à leur permettre de les exprimer sereinement, dans le respect de chacun.
Les élu·es de la CFDT peuvent t’accompagner lors des étapes clés de ta carrière.
Tu peux nous contacter par mail sur la boite 2d.normandie@efrp.cfdt.fr.
Pour nous appeler ou nous voir pour de vrai, tu trouveras nos coordonnées ici.






